3 millions de particuliers sont en situation de fragilité bancaire, selon la Banque de France

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Comme chaque année depuis 2013, l’Observatoire de l’inclusion bancaire, présidé par le gouverneur de la Banque de France fait le point sur l’accès aux produits et services bancaires dans l’hexagone. Deux enseignements sont à retenir du dernier rapport. Presque tous les Français ont un compte bancaire. Par contre l’accès au crédit est lui plus inégalitaire.

endettement, surendettement

En raison d’incidents de paiement, d’endettement et de faibles revenus, 3 millions de clients des banques sont en situation de fragilité bancaire. S’ajoutent en plus 500 000 Français sans compte bancaire (hors livret A). Bref, ce sont ainsi près de 3,5 millions de Français qui se trouvent en situation de précarité bancaire, d’après l’Observatoire paru le 4 octobre 2016.

Vous trouvez ça énorme ! Sachez qu’en réalité, beaucoup plus de Français pourraient être concernés. En fait, la Banque de France reconnait elle-même que ces chiffres sous estiment le nombre de Français en précarité bancaire. Pour sortir ces données, elle s’est appuyée sur les déclarations des banques. Problème, selon l’Insee, en 2014, 8,8 millions de personnes en France métropolitaine, soit 14 % de la population, vivaient en dessous du seuil de pauvreté (1 008 € par mois pour une personne seule). Evidemment, toutes ces personnes ne dépassent pas leur découvert autorisé et n’émettent pas de chèque en bois, mais quand même !

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Pour autant, ça ne signifie pas que ces Français seront exclus des services bancaires. En effet, presque tous les Français – 96,6 % des Français de plus de 15 ans – bénéficient d’un compte de dépôt. C’est un peu plus que la moyenne en zone euro et dans l’OCDE. Mais c’est surtout nettement mieux que la moyenne mondiale : 60 % seulement.

C’est grâce au droit au compte instauré en 1984 en France. Celui-ci permet à « toute personne domiciliée en France » d’ouvrir un compte bancaire. Concrètement si une banque vous a refusé l’ouverture d’un compte, vous pouvez saisir la Banque de France. Celle-ci va alors désigner pour vous un établissement bancaire d’accueil, souvent La Banque Postale.

Ce taux de bancarisation élevé cache toutefois des disparités, selon l’âge notamment. Seuls 79 % des 15-24 ans ont un compte bancaire. C’est loin d’inquiéter la Banque de France qui explique ce faible taux par l’âge minimum légal pour ouvrir un compte fixé à 16 ans en France. 

D’ailleurs de plus en plus de Français ont recours au droit au compte pour obtenir un compte de dépôt. L’an dernier, près de 69 000 personnes en ont bénéficié. C’est 14 % de plus qu’en 2014 ! Un bon chiffre, même si certains établissements rechignent à respecter la loi.

L’Observatoire relève en effet que « des difficultés ponctuelles de mise en œuvre persistent -environ 3 500 cas recensés en 2015, soit 5 % des désignations effectuées ». L’une des banques incriminées par la Banque de France est la Société Générale. A ce titre, celle-ci s’est d’ailleurs vue infliger une amende de 2 millions d’euros en 2014.

L’accès au crédit inégal en France

Si le rapport se veut donc plutôt optimiste quant à l’accès aux services bancaires du quotidien – compte, CB etc – il l’est moins concernant l’accès au crédit.

Selon la Banque de France, les prêts immobiliers « s’adressent plutôt aux populations disposant d’une certaine aisance financière […] Il est difficile aux ménages disposant de contraintes financières fortes d’avoir accès à la propriété ». Et malheureusement, la baisse des taux d’intérêt n’aurait eu que peu d’impact sur cet accès.

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Même son de cloche concernant le crédit à la consommation. Une façon de protéger cette population fragile du surendettement, rappelle l’Observatoire.

Le micro-crédit personnel comme solution ?

L’une des solutions mises en avant pour palier cela est le micro-crédit personnel. Pour rappel, il s’agit d’un petit crédit d’un montant de 300 € à 5 000 € accordé aux personnes ayant peu de ressources. L’argent doit servir à financer un projet qui a pour objectif de faciliter l’insertion économique et sociale.

Et bonne nouvelle, les octrois sont en hausse. Les encours ont atteint 165 millions d’euros à décembre 2015, c’est 20 % de plus que l’année précédente. Pas mal, mais pas de quoi concurrencer le crédit conso classique. A décembre 2015, le montant total des prêts personnels octroyés était estimé à 105 milliards d’euros en France.

Marie-Eve F

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