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L’accès aux services bancaires : un casse-tête en zone rurale

L’accès aux services bancaires : un casse-tête en zone rurale

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Si la France demeure en tête des pays européens affichant le plus grand nombre d’agences bancaires par habitant, l’accès aux services bancaires suscite l’inquiétude en zone rurale. Un phénomène qui risque de s’amplifier au gré des fermetures d’agences annoncées par la majorité des grands établissements bancaires. Face à ces difficultés, les communes s’organisent pour vous faciliter l’accès à l’argent liquide.

Fermeture d'agences
Fermeture d'agences

Une baisse tendancielle du nombre d’agences bancaires

En 2015, la France comptait selon la Fédération Bancaire Française (FBF) pas moins de 37 567 points de vente bancaires, soit 570 agences par million d’habitants. La France est ainsi le pays de l’Union européenne comptant le plus d’agences bancaires sur son territoire. Mais cette situation pourrait ne pas durer. A l’heure du tournant numérique, le digital est largement entré dans les comportements des usagers. Désormais seuls 20% des usagers se rendent plusieurs fois par mois en agence. Pour la très vaste majorité, vous préférez gérer vos comptes en ligne. Vous êtes également de plus en plus nombreux à privilégier d’autres moyens de paiement que le cash pour vos transactions. Toujours selon la FBF, seuls 55% des transactions ont été réglées en espèces en 2016 et cela concerne principalement des montants faibles. Les espèces représenteraient ainsi moins de 5% du montant total des transactions en valeur.

Cette tendance est largement encouragée par l’Etat et par les banques. Résultat, les mesures se multiplient :

  • plafonnement des paiements en liquide à 1000 € (vous n’êtes pas soumis à ce plafond si vous ne disposez pas d’un chéquier ou d’un autre moyen de paiement, ou si vous n’avez pas de compte de dépôt)
  • acceptation des paiements par carte dès le premier euro dans un nombre croissant de commerces
  • développement d’applications de paiement mobile telles que Paylib ou Wa !
  • augmentation du plafond des paiements sans contact à 30 €

A cela s’ajoutent les coûts d’entretien non négligeables des distributeurs. Les banques, à la recherche d’économies, se désengagent donc progressivement de ces activités. La Société Générale, par exemple, avait annoncé dès septembre 2015 la fermeture de 400 agences à l’horizon 2020. BNP Paribas devrait en fermer 200 à la même échéance et LCL 247.

Fermeture d'agences

 

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Dans ce contexte, on comprend les inquiétudes des communes situées en zone rurale, pour qui l’accès aux services bancaires devient un véritable parcours du combattant. Les difficultés concernent notamment l’accès à l’argent liquide.

Interrogé par Les Echos, Pierre-Marie Blanc, maire de la commune de Bréat qui compte 3000 habitants, déclare avoir dû se battre bec et ongles auprès des grandes banques pour obtenir l’installation d’un distributeur automatique de billets (DAB). Si La Banque Postale a finalement accepté d’accéder à sa requête, la commune a dû financer la moitié du coût d’installation. Une pratique devenue courante en zone rurale.

Vers de nouvelles alternatives

Pour pallier à ces difficultés, les communes s’efforcent de trouver de nouvelles solutions. Le bureau de tabac de Bréat bénéficie ainsi d’un accord avec le Crédit Agricole qui lui permet de proposer des espèces à sa clientèle.

Les agences postales communales, gérées par les communes, pourraient constituer une autre solution. Toutefois si elles permettent d’effectuer des retraits, la palette de services bancaires y étant proposés demeure restreinte. Impossible par exemple d’y ouvrir un compte en banque ou un produit d’assurance.

Enfin, certaines institutions bancaires conservent des ambitions commerciales dans les zones rurales et s’efforcent de développer des logiques de proximité. C’est notamment le cas du Crédit Agricole, qui a mis en place plusieurs « camions-banques » se déplaçant entre les communes isolées. Mais si elles offrent les mêmes fonctionnalités qu’une agence classique, ces agences mobiles ne permettent pas  d’effectuer des retraits ou dépôts d’espèces.

Des solutions existent donc, mais demeurent à ce jour trop peu répandues. La montée en puissance de nouveaux acteurs tels que les Fintechs et la démocratisation de nouveaux moyens de paiement devraient toutefois, à terme, permettre de faciliter l’accès aux services bancaires. Et ce même si vous vivez au fin fond de la Creuse !

Paul Atz

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