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N26 facture les encours supérieurs à 50000 euros

N26 facture les encours supérieurs à 50000 euros

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N26
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Pas de grande annonce mais une mention discrète sur le site internet de N26 : depuis le 20 octobre, la banque 100% en ligne facture des frais à ses clients dont le solde créditeur dépasse 50 000 euros.

0,5% pour les sommes au-delà de 50 000 euros

La banque allemande retient désormais 0,5% sur les dépôts des comptes courants supérieurs à 50 000 euros. Les frais sont calculés et facturés chaque mois, rétroactivement. Par exemple, si votre solde est de 60 000 euros, 10 000 euros seront soumis au prélèvement. Il vous en coutera donc 50 euros.

La mesure touche uniquement les abonnés ayant choisi l’option gratuite Standard ou N26 You (9,90 euros par mois). Elle s’applique aux comptes personnels et professionnels ouverts après le 19 octobre 2020. Seuls les détenteurs d’un compte Metal (16,9 euros par mois) ne seront pas taxés. La mesure s’applique à toute l’Europe, à l’exception de l’Espagne et du Portugal où la législation ne l’autorise pas.

La néobanque a prévenu directement les clients concernés et s’est engagée à les alerter à l’avenir lorsqu’ils approcheront du seuil fatidique. Pour leur éviter de perdre de l’argent, elle leur aurait proposé des solutions comme l’utilisation de sa fonction Espaces ou de la plateforme d’épargne en ligne Raisin. Seule une minorité des 1,6 million d’utilisateurs en France seraient concernés par la nouvelle tarification.

Cette taxe permet de répercuter les coûts de la Banque centrale européenne. Depuis septembre 2019, pour inciter les banques à prêter de l’argent aux ménages, l’institution monétaire prélève 0,5% des sommes déposées chez elle. Pour compenser, plusieurs établissements en Scandinavie, en Allemagne ou en Suisse et quelques banques françaises privées spécialisées dans la gestion de fortune ont déjà commencé à faire supporter cette dépense par leurs clients. Mais N26 est la première à introduire le principe en France pour des comptes courants.

N26 rattrapée par l’exigence de rentabilité ?

Elle diminue ainsi ses charges et limite les pertes financières. D’après le cabinet Finetech Consultancy Group, chaque compte coûterait près de onze dollars par an à la start-up. Une facture annuelle de plusieurs millions pour une banque qui a fêté en janvier 5 millions d’utilisateurs dans le monde.

Comme ses concurrentes, N26 souffre de l’absence de services lucratifs (crédits à la consommation, prêts immobiliers, produits d’épargne) et doit supporter des dépenses marketing élevées pour développer sa clientèle. Cependant, la rentabilité financière n’a jamais été un objectif affiché par les fondateurs, du moins pas dans l’immédiat.

Jusqu’à présent, les investisseurs ne semblaient pas s’en plaindre : début 2020, la société était cotée en bourse à 3,5 milliards de dollars. Cinq mois plus tard, elle levait 100 millions de dollars. Mais depuis la pandémie de coronavirus, elle a réduit ses effectifs aux États-Unis, diminué le salaire de ses employés et repoussé son lancement au Brésil. Car si le 100% numérique a permis à N26 et aux autres néobanques de gagner de nouveaux clients, leurs sources de revenus sont en berne à cause des mesures de lutte contre la COVID-19.

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Les établissements de paiement reçoivent une commission quand un consommateur règle ses achats en boutique grâce à leur carte. Pour les néobanques, ce pourcentage compense l’absence de frais de gestion, finance les coûts de fonctionnement et les salaires du personnel. Mais durant le premier confinement, les transactions en magasin ont chuté et avec elles, la part qui revenait aux banques.

Autre activité moteur, le tourisme a lui aussi été impacté par la crise. N26, Revolut et les autres ont misé sur les paiements et les retraits gratuits à l’international ou le taux de change au réel. Grâce à eux, elles incitent les clients à ouvrir un compte premium et à utiliser leur carte lors de leurs voyages à l’étranger. Mais avec la fermeture des frontières, cette source de revenus s’est elle aussi tarie.

Pendant ce temps, les clients se sont tournés vers les banques traditionnelles, habilités à leurproposer des crédits à la consommation et les prêts garantis par l’État. Et les banques en ligne qui disposaient de produits de placement ont profité d’une partie de l’épargne forcée des Français pendant le confinement : Boursorama a ouvert cinq fois plus de plans d’épargne en actions (PEA) pendant le printemps 2020 qu’à la même période l’année passée. Chez Orange Bank, les sommes déposées sur les livrets d’épargne ont augmenté de 15%.

Pour survivre, certaines néobanques ont déjà amorcé leur mutation. Cela passe par la diversification et la monétisation des services. Revolut a lancé une offre gratuite pour les enfants de ses clients au mois de mai tout en instaurant des frais de change et sur les virements. Kard, l’application bancaire pour adolescents, a renoncé à son offre gratuite. L’ouverture d’un compte coûte maintenant 4,99 euros. En contrepartie, ses utilisateurs peuvent retirer de l’argent sans frais et bénéficier d’une assurance pour smartphone.

N26 n’a pas encore annoncé de nouveaux services pour la France. Mais elle a déjà commencé à proposer en Allemagne des produits d’épargne grâce à sa licence bancaire obtenue en 2016. Elle est d’ailleurs la seule néobanque, avec Revolut, à en détenir une.

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