Publicité
Publicité
Les offres bancaires pour « petit budget » peinent à convaincre

Les offres bancaires pour « petit budget » peinent à convaincre

0

Les « Points Passerelle » fêtent leurs 20 ans ! Effectif dans 33 des caisses régionales du Crédit Agricole, ce dispositif a pour vocation à proposer un accompagnement aux personnes rencontrant des difficultés financières. Mais la banque verte n’est pas la seule à être aux petits soins avec les plus démunis ! Depuis quelques années le marché bancaire se voit submergé par une vague d’offres à destination des clientèles en situation de fragilité financière. En cause, une loi de 2014 selon laquelle les banques sont tenues de proposer leurs services à ces usagers pour moins de 3€ par mois. Mais malgré des prix défiant toute concurrence, ces nouvelles offres peinent à trouver le public. Pour quelles raisons les Français les boudent-ils ? billet de banque mène l’enquête.

Retrait d'argent au distributeur à l'étranger
Les Points Passerelles sont aujourd’hui au nombre de 80. Situés à l’extérieur des agences classiques ils permettent aux clients en situation de fragilité financière en ayant exprimé le souhait de se faire accompagner. Depuis son lancement, près de 100 000 personnes ont bénéficié de ce dispositif, qui permet par exemple l’octroi d’un microcrédit ou de mettre en pause les mensualités d’un prêt.

Le compte y est ! D’après les chiffres avancés fin novembre par l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB), toutes les banques proposent désormais une offre dédiée aux personnes en situation de fragilité financière. Sur le panel de 125 banques étudiées par l’OTB, 108 avaient souscrit à cette obligation dès 2009. Il aura fallu attendre début 2017 pour que les derniers retardataires obtempèrent à leur tour !

Banque en ligneA lire aussi

C-zam, N26, Compte-Nickel… : des comptes vraiment low cost ?

Lire la suite

 

Et, dans leur grande majorité, les banques ne se sont pas moquées de vous. Si la palette de services à votre disposition est souvent réduite dans le cadre de ces offres, leur tarif l’est tout autant ! Toujours selon le rapport publié par l’OTB, le prix moyen est ainsi tombé de 40,29€ début 2014 à 33,70€ cette année. En outre, le coût des commissions d’intervention y est systématiquement inférieur aux tarifs pratiqués dans le cadre d’une offre classique. Un avantage de taille lorsque l’on sait que 6 Français sur 10 dépassent leur découvert autorisé au moins une fois par an.

Mais rien n’y fait, ces offres peinent à attirer les populations pour lesquelles elles ont été conçues à l’origine. La Cour des comptes estimait ainsi dans un rapport publié dans le courant du mois de juin 2017 qu’au « 31 décembre 2015 selon les données transmises par les établissements de crédit à l’Observatoire pour l’inclusion bancaire, seulement 244.979 clients bénéficiaient de cette offre ». Selon les estimations de la Cour, le nombre de client identifiés comme étant fragiles financièrement s’élève pourtant à 3 millions !

Emprunter avec un dossier difficile

A lire aussi

Emprunter avec un dossier difficile

Lire la suite

Parmi les explications avancées pour comprendre ce décalage, la crainte de la stigmatisation est parfois évoquée. Autrement dit, souscrire à l’une de ces offres reviendrait pour certains à être « catalogué » comme personne en difficulté financière.

L’Observatoire des tarifs bancaires évoque quant à lui l’absence de chéquier dans ces offres qui pourrait conduire « des bénéficiaires potentiels à refuser l’offre spécifique pour pouvoir conserver, même à titre très occasionnel, la possibilité d’émettre des chèques ».

Dans son rapport de juin dernier, la Cour des comptes insiste pour sa part sur le fait que la carte de paiement à autorisation systématique (CAS) proposée dans la majorité de ces offres n’est pas toujours compatible avec les terminaux de paiement des commerçants.

Enfin, même dans le cadre des offres spécifiques, vous restez exposés aux tarifs classiques des banques en cas de découvert ou de chèque rejeté, par exemple. L’UNAF et « 60 millions de consommateurs » ont d’ailleurs épinglé les banques sur cette question il y a à peine un mois.

Frais bancairesA lire aussi

Selon 60 millions de consommateurs, les banques abusent de leurs clients en difficulté

Lire la suite

 

Bilan mitigé pour les offres spécifiques, en somme. Ces dernières pourraient pourtant jouer un vrai rôle pour faciliter la vie aux ménages en difficulté sur le plan financier. Dernière en date, l’offre EKO du Crédit Agricole entend ainsi changer la donne avec des tarifs agressifs (24€ par an !) et une approche innovante, permettant par exemple l’accès à un « mini-chéquier ». Tentant n’est-ce pas ?

Paul Atz

Publicité
Publicité

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE