Paiements : les Français se passent désormais des pièces et billets

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La Fédération bancaire française (FBF) prévoit une chute de 20 % des paiements en espèces d’ici 5 ans. Un déclin des billets et des pièces qui est en partie poussé par des banques en quête d’économies.

chute des paiements en espèces d'ici 5 ans selon FBF

Nous utilisons de moins en moins les espèces pour régler nos achats et cette tendance va s’accélérer selon la Fédération bancaire française (FBF). D’ici 5 ans, sur les 25 milliards de transactions réalisées chaque année en espèces, 5 à 7 milliards seront remplacées par des paiements électroniques, soit une baisse de 20 % de l’usage du cash.

En 2005, plus de 6 paiements sur 10 se faisaient en pièces et billets, aujourd’hui il s’agit d’1 sur 2. Et, dans quelques années ce sera moins d’1 sur 3.

Les DAB deviennent inutiles

Conséquence directe, il n’y a plus foule aux distributeurs automatiques de billets (DAB). « Les retraits de billets dans les automates ne progressent plus », expliquait Didier Cocheteau, directeur des paiements du groupe BPCE (groupe qui rassemble les caisses Banque Populaire et Caisse d’Épargne) en septembre dernier.

Une tendance qui se retrouve également dans les données de la Banque de France. En 2015, les entrées et les sorties de billets aux guichets de la banque centrale ont diminué de respectivement 3 % et 4 %. Ça signifie que l’on demande de moins en moins d’espèces à nos banques.

Autre indicateur, le nombre de billets dans les entrepôts des transporteurs de fonds. « Ils sont en recul de 5 % à 8 % en 2015 par rapport à 2014 », commente Didier Cocheteau. « C’est la première fois que nous constatons une baisse aussi marquée, que nous expliquons par le développement des paiements sans contact. »

+ 264 % en 2015 pour le paiement sans contact

Le paiement sans contact se substitue parfaitement aux espèces dans les commerces équipés de la technologie Near Field Communication (NFC). Il est en effet réservé aux achats d’un montant inférieur à 20 €, somme qui se prêtait bien aux règlements en espèces.

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Pratique et rapide, le paiement sans contact se diffuse donc très bien en France. Il a progressé de 264 % en un an, selon le GIE Cartes Bancaires (groupement qui pilote l’utilisation de la carte bancaire). 243,8 millions de transactions auraient été réalisées par ce biais en 2015.

Les espèces dans le viseur des banques et du gouvernement

Le repli des espèces ne provient pas que du comportement des consommateurs. Les banques et le gouvernement nous incitent à privilégier la carte bancaire.

Le cash, ça coûte cher aux banques

Le coût des espèces et l’une des principales motivations des banques à diffuser le paiement par carte. Selon un récent rapport de la FBF, la gestion des espèces couterait environ 3 milliards d’euros par an aux établissements bancaires. En cause, l’entretien des DAB, les agents bancaires qui s’occupent des retraits en agence ou encore le transport de fonds.

Les espèces facilitent la fraude fiscale et le blanchiment

Pour le gouvernement, l’enjeu est de rendre les paiements plus transparents afin de lutter contre le blanchiment d’argent et la fraude à la TVA. A ce propos, Michel Sapin, ministre des Finances, expliquait récemment : « la première volonté, c’est de faire reculer le cash et l’anonymat dans l’économie française. Nous avons besoin de pouvoir tracer les opérations suspectes très en amont. Il faut resserrer les mailles du filet ». Rappelons que dans cette perspective, le plafond des paiements en cash pour les résidents a été fortement diminué à 1 000 € le 1er septembre dernier, contre 3 000 € auparavant.

Vers la disparition des pièces et des billets ?

Pas si sûr ! Car il s’agit d’un moyen de paiement très sécurisé. La sécurisation est d’ailleurs une spécialité française qui s’exporte. En effet, grâce à la technologie mobilisée par la Banque de France, les billets sont devenus de plus en plus difficiles à copier. C’est une des raisons qui expliquent que la Banque de France fabrique une grande partie des billets en euros.

De plus, comme le souligne le directeur des paiements du groupe BPCE, il y aura toujours des irréductibles « réfractaires aux paiements électroniques », estime Didier Cocheteau.

 

 

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