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Quand les enseignes ont la tentation de nous refiler un crédit renouvelable…

Quand les enseignes ont la tentation de nous refiler un crédit renouvelable…

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Sauf à pouvoir financer soi-même un nouveau canapé ou un écran plat dernier cri, le recours au crédit à la consommation est une solution concrète. Seulement voilà, les dettes à la consommation sont présentes dans 82,3 % des dossiers de surendettement et les crédits renouvelables sont recensés dans 71,2 % des dossiers. Ainsi, pour permettre aux consommateurs de « consommer » sans pour autant s’endetter, un bataillon de lois a été adopté. Une des plus emblématiques est d’ailleurs la loi Lagarde qui impose aux professionnels depuis 2011 de joindre à une offre de crédit renouvelable de plus de 1 000 €, une proposition équivalente sous forme de crédit amortissable. Est-ce bien respecté ? Pas du tout, nous dit l’association de défense des consommateurs CLCV. Décryptages.

Crédit renouvelable
Crédit renouvelable

Silence sur le crédit amortissable dans 68,5 % des cas

L’association de défense des consommateurs CLCV a procédé à 200 enquêtes « client mystère » dans 60 enseignes de 33 départements pour vérifier que la loi Lagarde était bien respectée. « Chaque enquêteur s’est présenté comme un consommateur voulant renouveler une partie de son équipement (TV, hi-fi, machine à laver, canapé, etc.). Il devait sélectionner dans le magasin un produit ou un ensemble de produits d’un montant supérieur à 1 000 €, seuil à partir duquel les professionnels doivent proposer un crédit alternatif au crédit renouvelable. »

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Sur le terrain, le constat est accablant nous dit la CLCV. Dans 17,5 % des cas, le crédit renouvelable est proposé en 1er. Le crédit amortissable comme alternative au crédit renouvelable n’a été évoqué que dans un tiers des cas et ce, en dépit de l’insistance même des clients mystères.

Résultat : dans 68,5 % des cas, la loi n’est pas respectée puisque le choix entre les deux types de crédit n’est pas donné. Là-dessus d’ailleurs, la CLCV note un manque de formation des vendeurs qui « ne maîtrisent pas les caractéristiques du crédit renouvelable et du crédit amortissable »…

Or, dans la pratique, l’écart de taux entre un crédit amortissable et un crédit renouvelable est bien plus que simplement anecdotique. Selon un des exemples retenus par la CLCV sur les taux pratiqués en septembre 2016 :

  • Un prêt personnel de 2 000 € sur 29 mois à un TAEG fixe de 4,30 % donnera un montant total dû de 2 107,14 €
  • Un crédit renouvelable de 2 000 € sur 29 mois à un TAEG révisable de 16,685 % donnera un montant total dû de 2 405,84 €

Soit près de 300 € d’écart !

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Crédit gratuit proposé dans 68 % des cas !

En lisant que dans 17,5 % des cas, le crédit renouvelable est proposé en 1er, on pourrait croire que ça signifie que dans plus de 80 % des cas, les professionnels évoquent le crédit amortissable.

Eh bien non ! L’enquête nous apprend au contraire que dans 68 % des cas, un crédit gratuit est proposé en 1er, avec une durée de remboursement allant de 3 à 12 mois. Le plus souvent, poursuit l’enquête, le crédit gratuit prend la forme du fameux « 3 fois sans frais » – technique commerciale largement utilisée.

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Cette technique est trompeuse parce que pour « bénéficier du crédit gratuit, le consommateur doit prendre la carte du magasin » – aussi appelée carte privative ou carte de fidélité. Cette « carte » inclut souvent un crédit renouvelable, que le consommateur pourra enclencher à « sa discrétion ».

Sauf que, dans la majorité des cas, le consommateur ne se rend pas compte qu’il a souscrit un crédit renouvelable…

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Conseil billet de banque

Lors de la délivrance d’une carte de magasin liée à un crédit renouvelable, une fiche d’information précontractuelle doit vous être remise. Par ailleurs, la mention « carte de crédit » doit obligatoirement figurer sur la carte en question. Si vous estimez que le professionnel qui vous a remis une carte privative a manqué à ses obligations, vous pouvez saisir un médiateur via une association de consommateurs agréée.

Afin que la loi sur la distribution de crédits dans les lieux de vente soit respectée, la CLCV demande que :

  • Soient mis en place des contrôles renforcés et des sanctions dissuasives.
  • Les consommateurs puissent prendre une carte de fidélité sans option crédit/paiement

Espérons que la DGCCRF prenne acte de l’enquête de la CLCV !

Jihane Bensouda

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