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Crowdfunding : UFC Que Choisir tire la sonnette d’alarme

Crowdfunding : UFC Que Choisir tire la sonnette d’alarme

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Dans un article paru le 23 février, l’association de consommateurs UFC Que Choisir s’attaque aux plateformes de crowdlending – sous-branche du crowdfunding permettant aux particuliers de prêter à des entreprises. Entre autres griefs, l’association reproche à 6 plateformes – clairement identifiées –  de faire miroiter aux particuliers des rendements surestimés, de ne pas leur fournir suffisamment d’information et de truffer leurs conditions générales d’utilisation (CGU) de clauses jugées abusives. Focus.

Crowdlending

Des rendements surestimés ?

Si l’association a décidé de mener une enquête sur les plateformes de crowdfunding, c’est – nous dit-elle – parce que le marché du financement participatif « double chaque année pour atteindre 443 millions d’€ en 2016 ».

L’enquête – réalisée auprès de 337 entreprises choisies de façon aléatoire –  confronte les promesses de rendement de ces plateformes avec les rendements réellement servis aux particuliers/investisseurs. Ainsi, les promesses de rendement peuvent aller « jusqu’à 7 % » sur ces plateformes – poursuit l’association – quand en réalité, une fois la fiscalité et les défauts déduits, elle s’établit « entre 0,33 % et 1,6 % ». Pour l’association, cette « rentabilité est proche voire inférieure à celle du Livret A » alors même qu’un investissement sur une plateforme de crowdfunding n’offre pas « le caractère entièrement sécurisé et liquide » du Livret A.

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Par ailleurs, l’UFC remet en question le modèle économique de ces plateformes rémunérées à la commission par les porteurs de projet – à hauteur de 4,5 % des montants financés. Pour l’association, c’est une incitation à « proposer aux consommateurs le maximum de projets, au mépris de la qualité ».

Une absence d’infos et de rigueur dans la sélection des projets ?

La qualité dans la sélection des projets à financer est un autre reproche formulé par l’association. L’UFC parle d’absence de « sélection rigoureuse des projets » sur ces plateformes, se traduisant par des projets présentés de « façon déséquilibrée » et amenant les particuliers à minimiser les risques. Conséquence – ajoute l’association – le « risque significatif de perte en capital » n’est pas suffisamment mis en avant.

Pour l’association, le financement participatif est « par nature générateur de risques, portés par les seuls consommateurs ». L’UFC juge assez sévèrement les projets qui se retrouvent sur ces plateformes. Pour elle, il s’agit essentiellement de projets qui ne sont « pas jugés viables par le secteur bancaire, à des coûts 2 ou 3 fois supérieurs ». C’est mettre de côté l’intérêt que ce type de prêt suscite auprès des consommateurs. Intérêt évident quand on prend en compte la croissance du financement participatif – et largement mis en avant par l’association dans son enquête…

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Des clauses jugées abusives dans les CGU ?

Enfin, l’UFC estiment que certaines clauses – contenues dans les CGU des plateformes – sont « abusives ». Et de les lister :

  • L’absence de responsabilité quant au bon fonctionnement du site
  • L’absence de responsabilité quant à l’exactitude des informations publiées sur leurs sites
  • L’absence de responsabilité quant à la sécurisation des données financières et personnelles

Les actions entreprises par UFC Que Choisir

Face à ces constats, UFC Que choisir a décidé de :

  • Saisir l’ACPR pour qu’elle s’assure du respect par les plateformes de leurs obligations légales d’information et qu’elle sanctionne les manquements
  • Mettre en demeure les plateformes Lendix, Unilend, Lendopolis, Pretup, Bolden et Prexem de supprimer les clauses jugées abusives
  • Demander aux pouvoirs publics d’obliger les plateformes à fournir une information pertinente et impartiale quant aux rendements objectifs et aux risques encourus

La réponse de l’association Financement Participatif France (FPF)

Le 27 février 2017, l’association Financement Participatif France (FPF) qui regroupe les acteurs français du crowdfunding a publié un communiqué dans lequel elle conteste la méthode et les résultats de l’enquête de l’UFC.

Pour l’association FPF, l’enquête de l’UFC contient des erreurs méthodologiques et des inexactitudes. Ainsi, sur les questions de la sélection rigoureuse des projets et sur l’information des clients quant aux risques éventuels, l’association Financement Participatif France met en avant le « strict encadrement réglementaire des plateformes de crowdfunding qui sont sous contrôle de plusieurs autorités dont l’AMF et l’ACPR« .

L’association FPF prévient : elle « publiera prochainement une note, reprenant point à point les éléments soulevés par UFC-Que Choisir ».

Rassurez-vous, si vous avez soutenu un projet sur une des plateformes incriminées, ça ne veut pas dire que vous ne reverrez jamais votre argent. L’enquête d’UFC Que Choisir ne signifie pas non plus que vous obtiendrez à coup sûr un rendement très faible. Ne voyez pas non plus dans cette enquête un plaidoyer contre les plateformes de crowdfunding. L’association de consommateurs se préoccupe essentiellement de la véracité et de l’étendue des informations qui nous sont communiquées à nous consommateurs, par ces plateformes. Et relativisons, sur 337 plateformes étudiées, seules 6 sont invitées à prendre des mesures.

Jihane Bensouda 

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1 COMMENTAIRE

  1. « Rassurez-vous, si vous avez soutenu un projet sur une des plateformes incriminées, ça ne veut pas dire que vous ne reverrez jamais votre argent.  »
    Venez en crowdfunding, braves gens…Après plus de deux et demi de prêts sur plus de 3 plates-formes, soit sur un échantillon total de plus de 60 sociétés, le bilan n’est pas mauvais il est CATASTROPHIQUE. c’est à dire que les intérêts ne compenseront jamais les pertes en capital. Le FPF pourra reprendre point par point ce qu’il veut des récriminations de l’UFC, en ayant été prêteur et pigeonné, je sais où se situe est la vérité. A en juger par les forums de discussion à ce sujet, je ne suis pas le seul.

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