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Assurance-vie : un futur incertain pour la star de l’épargne

Assurance-vie : un futur incertain pour la star de l’épargne

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Après un premier semestre morose, l’assurance-vie finit l’année 2017 sur une note positive avec une collecte nette de 7,2 milliards d’€. Bien loin des 17,1 milliards de collecte sur l’année précédente, ces résultats en demi-teinte viennent s’ajouter aux doutes que laisse planer les projets de réforme de la majorité sur l’assurance-vie. Quelques indicateurs encourageants laissent à penser que le produit d’épargne préféré des Français ne devrait toutefois pas quitter les devants de la scène de sitôt ! Focus.

assurance vie en déshérence

La pire performance depuis 5 ans

Petit point lexical pour commencer : la collecte nette de l’assurance-vie, c’est la différence entre les sommes que les Français ont versé sur leurs contrats et les prestations versées par les assureurs.

En 2017, cette collecte s’élevait à 7,2 milliards d’€ selon les chiffres de la Fédération Française des Assurances (FFA). Ça vous paraît beaucoup ? C’est pourtant bien moins qu’en 2016, où ce montant avait grimpé jusqu’à 17,1 milliards d’€. En fait, l’assurance-vie enregistre sa moins bonne performance des 5 dernières années ! Loin, très loin du pic de 23,5 milliards d’€ de collecte atteint en 2015.

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Si l’on y regarde de plus près, l’assurance-vie a surtout souffert d’un mauvais premier semestre. Un phénomène assez classique à l’approche des élections présidentielles et législatives. Le haut degré d’incertitude associé à cette période charnière pousse en effet les Français à attendre d’y voir plus clair avant de placer leurs économies.

« Dans un moment d’attentisme général, les Français ont acheté de la pierre comme valeur refuge ou sont allés vers les liquidités. Mais dès que la confiance est revenue, ils ont basculé vers l’assurance-vie », avance Bernard Spitz, le président de la FFA.

Bilan, sur les 6 premiers mois de 2017 la collecte s’inscrit de justesse dans le vert avec 1,5 milliards d’€. L’assurance-vie a toutefois redressé le manche au 2nd semestre pour atteindre les 5,7 milliards d’€. La raison de ces performances en demi-teinte ne se trouve pas du côté des sommes déposées, à peine inférieures à celles de l’année passée, à 131,5 milliards d’€ de cotisations. Il faut plutôt chercher parmi les prestations versées, qui enregistrent une hausse de 7,4 milliards d’€.

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La montée en puissance des unités de compte

Mais tout n’est pas gris pour le placement d’épargne préféré des Français. Tout d’abord, l’encours total des contrats reste dans le vert. Il grimpe de 3% en 2017 pour atteindre 1 676 milliards d’€.

De plus, vous êtes de plus en plus nombreux à franchir le pas vers les unités de compte (UC). Plus risqué que les fonds euros, puisqu’il est en partie investi en actions et ne donne pas lieu à l’habituelle garantie en capital, ce type de support est aussi potentiellement plus rémunérateur. Un argument de taille étant donné que les rendements de la plupart des contrats d’assurance-vie s’effritent année après année.

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En 2017, 28% des cotisations ont été investies en UC, contre 20% en 2016. « Il y a une acceptation progressive du risque. Les Français se sont faits à l’idée que les rendements des fonds euros ne sont plus ce qu’ils étaient et qu’il faut donc accepter une part minimum de risque pour espérer une meilleure rémunération », constate Bernard Spitz.

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Un cadre réglementaire flou

Malgré ces indicateurs encourageants, le futur de l’assurance-vie demeure au cœur du débat en ce début d’année 2018. Après avoir secoué la fiscalité de l’épargne en 2017 avec la création de la « flat tax », le gouvernement a en effet annoncé qu’il explorait de nouvelles pistes pour orienter davantage l’épargne des Français vers l’économie réelle. Parmi les propositions envisagées, Bercy pourrait notamment limiter la garantie du capital sur certains fonds euros. Au risque, selon les assureurs, de priver l’assurance-vie de l’une de ses particularités les plus attractives.

« On n’a jamais influé sur l’épargne des Français autrement par que des messages d’incitation », signale Bernard Spitz. « Chaque fois qu’on a voulu le faire par la contrainte, ça n’a pas marché. Toute mesure qui viendrait casser la confiance aurait un effet négatif. » Affaire à suivre, donc.

Paul Atz

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