Publicité
Publicité
Les banques européennes se mettent au PEPS-I

Les banques européennes se mettent au PEPS-I

0

Ça pétille dans le secteur des paiements ! Une vingtaine de groupes bancaires européens réfléchit à construire un système de paiement paneuropéen. Mais pourquoi cette ébullition ? C’est simple : réduire le lien de dépendance au tandem américain, Visa et MasterCard, tout en évitant de se laisser déborder par les géants du web chinois et les Gafa.

Cartes bancaires à débit immédiat

PEPS-I : les banques européennes décapsulent le paiement

PEPSI, pour Pan European Payment System Initiative, est un projet économique, mais aussi politique, d’harmonisation des paiements en Europe. Il faut dire qu’en la matière la souveraineté du Vieux continent n’existe pas. Vous connaissez sans doute les réseaux Visa et MasterCard qui règnent en maîtres sur les paiements. Ce sont des acteurs américains qui, théoriquement, peuvent décider du jour au lendemain de couper l’accès à leurs services – par exemple sous l’injonction pressante d’un Président qui tweete plus vite que son ombre. Attention : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite ».

Vous doutez qu’un tel blocage puisse arriver…et bien, non seulement c’est plausible mais c’est surtout déjà arrivé ! En 2010, les sociétés de paiement américaines (Visa, MasterCard, Western Union et Paypal) ont procédé à un boycott du site Wikileaks suite aux révélations du lanceur d’alerte, Julien Assange, qui dévoila des documents classifiés. Résultat : asphyxie financière dudit site un an plus tard. Rebelote en 2014, avec la coupure des services de Visa et MasterCard auprès des banques russes, suite à l’annexion de la Crimée par le Kremlin. La Russie a aussitôt réagi en construisant son propre système de paiement, qui est effectif depuis la fin de l’année 2015.

Paiement sans contactA lire aussi

Carte bancaire vs. paiements alternatifs

Lire la suite

 

Eviter la bulle en instaurant un système de paiement alternatif

Depuis 2017, la Banque centrale européenne (BCE) pousse les grandes banques à se rapprocher pour construire un système de paiement alternatif à Visa et Mastercard. Vingt banques, dont six françaises, de dix pays ont sauté le pas et travaillent à faire éclore ce projet.  Concrètement, PEPSI cherche à développer un standard bâti sur le paiement instantané, susceptible de gérer toutes les modalités dématérialisées de versement (carte, virement, prélèvement).

Mais la recette est complexe, car chaque pays dispose d’une industrie et d’infrastructures propres. D’ailleurs, le précédent projet Monnet avait échoué en 2011, faute de consensus. Sauf que la donne a changé. C’est désormais l’embouteillage dans le secteur des paiements avec l’arrivée de nouveaux acteurs aux grandes ambitions. Á ma gauche les chinois Alipay, Hipay et WeChat Pay. Á ma droite,  les Gafas Google Pay, Apple Pay, Amazon Pay, Facebook Pay et Uber Money.

Et la réflexion sur le sujet doit être rapide, d’autant que PEPS-I induirait le changement de 400 millions de cartes bancaires. Le projet viserait au minimum 60 % des paiements électroniques en Europe et coûterait des milliards d’euros d’investissement. Mais PEPSI permettrait également aux banques européennes de ne plus reverser de commissions à Visa et Mastercard…un argument à mettre dans la balance au moment de chiffrer le retour sur investissement. Toutefois, pour l’avenir des banques européennes, c’est ça ou être condamnées à ne pas toucher une canette sur les paiements…et les données qui en découlent.

lupa

Comparez les banques

Votre banque vous coûte trop cher ? Comparez les offres sur Panorabanques et réalisez jusqu’à 300€ d’économies ! Je compare

 

O. Balbastre

Publicité
Publicité

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE