Etes-vous prêt à vous passer des banques ?

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Les Français ont une meilleure image de leur banque, selon l’Observatoire 2016 de la Fédération bancaire française (FBF). Et pourtant, ils désertent les agences, font toutes leurs opérations en ligne et se disent de plus en plus prêts à faire appel aux nouveaux acteurs. Explications.

souris sur billet

Avec 68 % d’opinion positive, l’image globale des banques est à son meilleur niveau depuis 10 ans, selon l’Observatoire 2016 de l’image des banques de la FBF*. En 2010, seul 1 Français sur 2 avait une bonne opinion du secteur bancaire (52 %).

Pas surprenant, en 2010 éclatait la crise des dettes souveraines en Europe (augmentation de la dette des Etats). Une crise déclenchée en partie par l’intervention des pouvoirs publics afin de renflouer les banques 1 an auparavant.

Vous êtes de plus en plus friands des services bancaires en ligne

Malgré une bonne opinion générale, vous êtes de plus en plus nombreux à vous passer des agences et des conseillers. D’ailleurs pour 29 % d’entre vous, un monde bancaire idéal se résume à ne plus avoir ni agence ni conseiller attitré. C’est 7 points de plus que l’année dernière !

Des outils pratiques pour gérer ses comptes…

Il faut dire que les outils numériques deviennent de plus en plus perfectionnés et simples d’utilisation. Par outils numériques, on entend ici les abonnements banque à distance. Vous savez, il s’agit de votre espace client sur le site de votre banque qui vous permet de piloter vos comptes.

Ces outils sont en plus de moins en moins couteux. En 2013, l’abonnement banque à distance était payant pour 3 Français sur 10, selon Panorabanques.com. En 2016, il était facturé à seulement 2 Français sur 10.

Résultat vous n’hésitez plus à l’utiliser. Et ça se ressent dans les statistiques de la FBF :

 

Source: observatoire 2016 de l’image des banques (FBF)

Les 18-34 ans étant plus nombreux à plébisciter ce type d’outil.

Souscrire un produit bancaire en ligne, une solution adoptée par près de la moitié des Français

Vous êtes également 49 % à vous dire prêts à souscrire directement en ligne vos produits et services bancaires. En 2015, cette part atteignait 43 % seulement. Dans le détail, vous êtes :

 

Source: observatoire 2016 de l’image des banques (FBF)

Il faut dire que la signature électronique est passée par là ! Souscrire en ligne est désormais rapide et facile !

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Vous ne vous déplacez plus en agence

Bilan, vous ne voyez plus très bien l’utilité de vous rendre en agence et la fréquentation s’en ressent. Seuls 20 % des Français se rendent plus d’une fois par mois en agence. Vous étiez encore 52 % à vous y déplacer très fréquemment en 2010.

Le paradoxe du conseiller !

Si on résume, les outils numériques vous permettent de vous passer des agences. Et ça a l’air de vous plaire ! Et pourtant, paradoxalement, vous restez très attachés aux conseillers personnels. 70 % d’entre vous en sont satisfaits, une proportion stable par rapport à 2015.

En y réfléchissant, ce n’est pas si paradoxal. Il est rassurant de connaître la personne à qui on confie notre argent, vous ne pensez pas ? Et puis, en cas de problème, on a un interlocuteur – qui nous connaît – vers qui se tourner. Que les conseillers bancaires se rassurent, on a encore besoin d’eux !

Sortir du système bancaire classique : 1 Français sur 5 est prêt à le faire

Vous êtes 21 % à vous dire prêts à confier vos identifiants bancaires à un acteur autre que votre banque. Pour la FBF, c’est peu ! Pour nous c’est énorme ! Car les agrégateurs (Linxo, Bankin’…), les fournisseurs d’outils de paiement (Apple, Paypal…), les fournisseurs de compte sans banque (Anytime et Compte-Nickel) ou encore les néo-banques (N26, Morning…) sont des acteurs très récents. Il y a encore quelques années – voire quelques mois – ces alternatives n’existaient pas. Donc qu’ils aient réussi en si peu de temps à séduire plus de 1 Français sur 5, c’est fort ! Vous ne trouvez pas ?

Ouvrir un compte dans un supermarché, au tabac… pourquoi pas ?

Bilan, il semblerait qu’ouvrir un compte ailleurs que dans une banque devienne une solution envisagée par de plus en plus de Français. Les organismes alternatifs les plus plébiscités étant :

  • Les supermarchés (26 % de Français se disent intéressés, contre 21 % en 2015)
  • Les bureaux de tabac (24 %, contre 19 % en 2015)
  • Les fournisseurs d’accès à internet (16 %, 13 % en 2015)

Bémol : les banques considérées comme imbattables sur la sécurité ?

Les Français estiment que la protection des données est le point fort des banques. 82 % considèrent que la connexion à la banque en ligne est sécurisée. Mais que les réticents envers les nouveaux acteurs se rassurent. Ils sont tout aussi fiables. Car pour exercer, ils doivent obtenir un agrément. En France c’est l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui est chargée de les délivrer.

C’est pourquoi, derrière les supermarchés et les fournisseurs d’accès, il y a de « vraies » banques. Entendez par là, des établissements qui ont donc un agrément bancaire. Pour Carrefour, il s’agit de Carrefour Banque, pour Auchan c’est Oney. Et si on parle d’Orange comme nouvel acteur de la banque, c’est parce qu’en rachetant Groupama Banque, il a obtenu sa licence bancaire !

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Concernant le paiement en ligne, même bilan. Les Français font plutôt confiance aux dispositifs déployés par les banques. Par exemple, 1/3 des Français ont déjà utilisé 3D Secure, le système de sécurisation des transactions en ligne développé par Visa et MasterCard et adopté par la plupart des banques.

Mais les nouveaux fournisseurs de paiements sont tout aussi safe. Eux aussi doivent montrer patte blanche. Et là, vous en êtes conscients ! La preuve : plus des ¾ des Français (76 %) font autant voire plus confiance à Paypal qu’à leur banque pour protéger leurs données personnelles.

L’intérêt des Français pour les fintechs et co s’est donc accru, et ce, sans que la législation leur soit très favorable. Imaginez un peu ce qu’il se passera au plus tard en 2018 lorsque la nouvelle directive européenne sur les services de paiement (DSP2) entrera en vigueur. A cette date, les banques ne pourront plus refuser de donner vos données bancaires à ces nouveaux acteurs. Affaire à suivre donc.

Marie-Eve F

*Méthodologie : un échantillon représentatif de 1 058 Français a été interrogé en face à face, à leur domicile, entre le 12 et le 27 mai 2016.

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